Nov04
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Leadership : des chevaux et des hommes

Communication équine, Management et communication, Vie de l'entreprise Partagez !

Cet article rédigé par Marie Coulbois,  consultante RH, nous expose le procces d’un passage de la “gestion de ressources humaines” à la “gestion humaine des ressources”, notamment par la modification des processus de leadership. Cette analyse nous propose la manière de faire que nous enseigne la relation au cheval, révélatrice de nos modes d’action en entreprise.

 

messaoud au galop

Crédit Laurent Vilbert

Le leadership chez les chevaux : une question de survie

Le cheval, en animal grégaire, peut avoir besoin de la présence de leaders. Un leader donne l’impulsion au groupe, organise sa survie. Grâce à lui, les chevaux peuvent boire, manger et se déplacer en toute sécurité. Il guide la harde, en organise les différentes fonctions (surveiller, prévenir du danger…). Leur survie est à ce prix : une coopération intelligente.

Imposer, contraindre : l’usage de la force dans la relation homme-cheval

Lorsque l’homme a entamé la domestication du cheval sauvage, en qui il voyait une aide au travail et autres avantages, il l’a fait par la force, par la soumission au sens le plus péjoratif du terme. Le cheval ne voyait en cet « animal inconnu » qu’un prédateur potentiel qui, s’il s’y soumettait, assurait sa survie en lui offrant la sécurité d’un abri, à boire et à manger. Il accepta de renoncer à sa liberté pour garder la vie, l’instinct étant le plus fort. Doté d’une force physique et d’une vitesse de course supérieures, il pouvait pourtant facilement éviter l’étreinte qu’on voulait lui imposer et qu’il pensait mortelle…

L’Homme parvint à le capturer -par ruse et non par force- et voulut le domestiquer -par force et non pas ruse-. Devant son impuissance à lui faire comprendre ses volontés bien humaines, l’homme a utilisé violence, contrainte… Le cheval, dans sa crainte de souffrir et de mourir, s’est donc résigné à “coopérer” pour assurer sa survie, en dépit de toute la violence dont il était l’objet…

Contraindre par la force

Contraindre par la force ?

De nos jours, l’usage de la contrainte pour obtenir ce que l’on veut est encore largement répandu mais au fil du temps, la croyance que l’obéissance à une volonté émise par un leader  -un « chef »- devait être proportionnelle aux (mauvais) traitements subis a très favorablement évolué.

Ecouter, comprendre, agir en leader ou bien imposer par la brutalité ?

Les méthodes “douces” de dressage des chevaux ont fleuri, ici et là, avec plus ou moins de succès. Peu importe, un changement important était en marche… L’essentiel de ce changement réside dans l’absence de contraintes physiques, dans la conviction nouvelle que l’autorité brutale et sans leadership ne mène à rien de satisfaisant. Aujourd’hui, on obtient par la suggestion et l’envie de faire ce que la « soumission » obtenue par la force et la contrainte n’avaient jamais permis d’obtenir.

L’homme a appris à parler « cheval » car les chevaux ne comprennent qu’une seule langue : la leur. Ils ont très vite compris leur intérêt à coopérer : manger, dormir, se trouver en sécurité… Une analogie très claire à la pyramide de Maslow… Ce comportement gagnant-gagnant a convaincu les chevaux de ne plus fuir.

collaborer en toute confiance ?

Ou collaborer en toute confiance ?
Crédit Laurent Vilbert

Modifier son style de leadership : une clé de la performance humaine

Ce changement de la relation homme-cheval, si on est convaincu qu’il est capable de modifier considérablement notre façon de “diriger”, trouve naturellement sa place dans les relations de travail. Le leadership est d’abord une écoute et compréhension de l’autre. Le leader incite, suggère mais n’impose pas par la force irraisonnée. Les collaborateurs peuvent librement exprimer leur créativité, se sentir valorisés, donc aller plus loin !

Celui qui, comme chez les chevaux, est capable de porter -et partager sans l’imposer- une vision et les moyens d’assurer survie et confort au groupe s’impose naturellement comme leader. Il ne contraint ni ne soumet, il incite par son charisme, sa capacité de conviction, son objectivité, sa crédibilité. Il sait où aller, les membres du groupe lui font confiance et le suivent non parce qu’ils le « doivent » mais parce qu’ils sont convaincus qu’il peut les mener vers le but commun auquel ils ont tous adhéré.

Si le leader ne les a pas convaincus, les membres du groupe « fuiront » comme le font instinctivement les chevaux devant un prédateur. Cette fuite se traduira immanquablement par un manque de coopération, une performance réduite, un renoncement… Tout le monde est perdant : l’entreprise ET le collaborateur.

S'écouter mutuellement pour se comprendre

S’écouter mutuellement pour se comprendre

Un leader va plutôt inciter à agir, expliquer ce qui est attendu des équipiers, faire adhérer les membres du groupe à sa vision, s’appuyer avec confiance sur leurs capacités. On en revient donc à cette notion de consentement qui a montré son succès avec les chevaux : « un bon dresseur peut faire en sorte qu’un cheval fasse ce qu’il veut, un excellent dresseur (un leader) fera en sorte que le cheval veuille le faire » (Monty Roberts, élaborateur d’une méthode de dressage des chevaux).

Oui, le « chef » doit diriger (donner une direction !) mais ne pensez-vous pas qu’il est vraiment épuisant de s’évertuer à « être directif » là où « inviter à faire », être leader, instaure une confiance réciproque, une envie de se dépasser, pour atteindre un but commun? Un style de leadership utilisant la contrainte et la force ne donne lieu qu’à frustration et sous-performance, individuelle donc collective.

Le leadership par consentement provoque l’exact effet inverse, chez les chevaux comme chez les hommes.

 

Auteur : Marie Coulbois
marie.coulbois@mcbs-maroc.com

Web : http://mcbs-maroc.com

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